PPE3 photovoltaïque 2026 : 48 GW, appels d’offres et stratégie

13 juillet 2026

Parc photovoltaïque en France illustrant les objectifs de la PPE3 pour le développement de l’énergie solaire en 2026

 

Avec la publication du décret PPE3 en février 2026, les professionnels du solaire français disposent désormais d’une feuille de route claire pour le développement du photovoltaïque à l’horizon 2030 et 2035. Toutefois, contrairement à ce que l’on penserait, sa publication n’a pas permis d’entrer dans une période de croissance tranquille, mais plutôt dans une phase de compétition accrue. En effet, ce sont les développeurs les mieux préparés qui capteront une part importante du marché. 

Face à cela, il est nécessaire de prendre les bonnes décisions aujourd’hui pour profiter pleinement de ce que la PPE3 a à offrir. C’est à cette question opérationnelle que notre guide s’attache à répondre. 

 

Les nouveaux objectifs photovoltaïques de la PP3

La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) fixe deux objectifs principaux pour le photovoltaïque en France :

  • 48 GW de puissance installée en 2030 ;
  • 55 à 80 GW de puissance installée en 2035.

 

Ces chiffres doivent être lus à la lumière de la situation réelle du parc photovoltaïque. Fin 2025, la France comptait environ 31 GW installés, après deux années records avec 5,2 GW raccordés en 2024 et 6,1 GW en 2025. Atteindre 48 GW en 2030 suppose donc un rythme d’environ 3,3 à 3,5 GW par an. Ce qui représente, paradoxalement, un ralentissement par rapport à la dynamique récente.

C’est là toute la subtilité de la PPE3. Le marché ne manquera pas de volumes, mais le soutien public, lui, est encadré : le décret plafonne les capacités à attribuer ou à contractualiser pour le photovoltaïque à 2,9 GW par an jusqu’à fin 2028. La PPE3 dessine ainsi trois enjeux majeurs pour les acteurs du marché :

  • un volume de soutien public plafonné face à un pipeline de projets abondant ;
  • une sélectivité croissante des appels d’offres ;
  • l’intégration de la clause de revoyure prévue fin 2027.

 

Il est important de rappeler qu’avant la publication du décret, le projet soumis à consultation publique en mars 2025 prévoyait 54 GW en 2030. L’objectif finalement retenu est donc inférieur de 6 GW, mais assorti d’une marge d’ajustement explicite via la clause de revoyure de 2027.

En résumé, la PPE3 offre des volumes de marché réels, mais contingentés. Ce qui intensifie mécaniquement la compétition entre porteurs de projets solaires.

Atteindre 48 GW en 2030 représente-t-il une ambition forte ou un objectif prudent ?

Pour répondre à cette question, trois données principales doivent être analysées :

  • le parc existant : environ 31 GW fin 2025 ;
  • l’objectif PPE3 pour 2030 : 48 GW, soit environ 17 GW à raccorder en cinq ans ;
  • le rythme récent : plus de 5 GW par an en 2024 et 2025.

 

Le constat est sans appel : l’objectif 2030 est atteignable au rythme actuel du marché. La Commission de régulation de l’énergie estime d’ailleurs à près de 10 GW le volume de projets déjà sécurisés en file d’attente (autorisés, financés, disposant d’un raccordement). Le syndicat Enerplan et le SER l’ont d’ailleurs souligné : l’objectif correspond à une modération du marché, tout en évitant un moratoire.

La conséquence stratégique est directe. Avec un plafond d’appels d’offres à 2,9 GW par an d’ici 2028 et un pipeline national déjà conséquent, la concurrence sur chaque période d’appel d’offres sera plus forte qu’auparavant. Ce qui rend la qualité et la maturité des dossiers déterminantes.

 

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Comment la PPE3 modifie-t-elle les conditions de développement des projets photovoltaïques ?

Le décret PPE3 de février 2026 en photovoltaïque a changé 4 paramètres opérationnels pour les producteurs d’énergie solaire en France.

 

Une visibilité retrouvée

L’investissement dans l’énergie solaire, surtout dans les projets de grande envergure, était freiné par l’incertitude sur les objectifs nationaux, après trois ans de retard sur le calendrier initial de la PPE. La publication du décret dissipe cette incertitude pour la période 2026-2030 et offre aux développeurs la possibilité de planifier :

  • les ressources affectées aux projets ;
  • les budgets fonciers ;
  • les demandes d’autorisation.

Cette visibilité reste toutefois conditionnée à la clause de revoyure prévue fin 2027 et au maintien des objectifs fixés par le décret.

 

Des délais de développement serrés

L’attribution des projets photovoltaïques est une condition nécessaire pour atteindre l’objectif de 48 GW en 2030, mais leur mise en service doit aussi intervenir avant l’échéance.

En moyenne, les délais de développement sont de 3 à 5 ans pour les centrales photovoltaïques au sol. Les projets qui seront mis en service en 2029-2030 doivent donc être déjà en phase de développement avancé dès aujourd’hui. Notre accompagnement en étude de faisabilité photovoltaïque permet précisément de qualifier cette maturité en amont.

 

Des délais de développement serrer

L’attribution des projets photovoltaïques est certes une condition pour l’atteinte de l’objectif de 48 GW en 2030, mais leur mise en service doit aussi être réalisée avant l’échéance. En moyenne, les délais de développement sont de 3 à 5 ans pour les centrales photovoltaïque au sol. De ce fait, les projets qui seront mis en service en 2029-2030 doivent donc être déjà en phase de développement avancé dès aujourd’hui.

 

Une dynamique favorable pour l’agrivoltaïsme et les ombrières

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie désire réduire l’utilisation des espaces naturels ou des terres agricoles pour la construction de parcs solaires. C’est pourquoi le décret pousse vers une logique de synergie et de double usage du foncier.

D’un côté, l’agrivoltaïsme s’affirme comme un levier d’adaptation face au changement climatique. Il permet de combiner production d’électricité verte et protection des cultures contre les aléas météorologiques.

De l’autre, c’est une initiative qui permet de transformer des surfaces artificialisées en véritables centrales de production d’énergie locale et de répondre à l’obligation de scolariser les parcs de stationnement. Ainsi, entrer sur ces marchés maintenant s’impose comme une décision stratégique urgente.

 

Une vigilance élevée sur les raccordements

Les gestionnaires de réseau restent sous tension après deux années de raccordements records. Les files d’attente sur les S3REnR et les délais d’instruction HTA/HTB peuvent s’allonger dans certaines zones. C’est pourquoi il est essentiel de sécuriser le raccordement des projets solaires dès les premières phases. Nous détaillons ces procédures dans notre article dédié au raccordement HTA/HTB des centrales photovoltaïques.

 

Comment la PPE3 redéfinit-elle l’exigence et la sélectivité des appels d’offres ?

Les orientations de la PPE3 et leur impact direct sur les appels d’offres CRE enjoignent une collaboration renforcée entre bureau d’études et développeur. En effet, c’est ce qui va permettre de répondre à la fois à l’augmentation des volumes attribués et au durcissement des critères de sélection.

 

Un plafond de volumes et une concurrence accrue

Le décret plafonne le rythme d’attribution du soutien public à 2,9 GW par an jusqu’à fin 2028. Concrètement, les cahiers des charges publiés dans la foulée du décret prévoient deux appels d’offres par an pour le photovoltaïque au sol et trois pour le photovoltaïque sur bâtiment. Le nombre de candidats restant élevé, la pression compétitive sur les prix et sur la qualité des dossiers se renforce.

 

L’importance de la qualité du dossier

La CRE a durci les critères d’éligibilité pour retenir uniquement les projets capables d’atteindre la mise en service. De ce fait, les projets doivent être vigilants concernant le choix du foncier et prévoir tous les recours possibles.

 

Les filières photovoltaïques les plus compétitives

Trois segments se distinguent. Au premier rang, les centrales solaires sur toitures industrielles et tertiaires, caractérisées par une absence quasi totale de conflit d’usage : la PPE3 leur réserve une part significative des volumes.

Ensuite, les projets agrivoltaïques dotés d’une gouvernance agricole solide, qui pourront bénéficier d’appels d’offres spécifiques. Enfin, les centrales au sol sur friches et zones dégradées, à privilégier au vu du chemin réglementaire simplifié. À l’inverse, les projets prévus sur des terres agricoles non dégradées font face à des exigences renforcées, notamment au regard de la reconnaissance de raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM) et des dérogations aux espèces protégées.

 

PPE3 photovoltaïque 2026

 

Pourquoi la clause de revoyure de 2027 pourrait-elle devenir l’enjeu stratégique majeur ?

La clause de revoyure 2027 intégrée à la PPE3, dont l’objectif est d’atteindre 80 GW en 2035, constitue un élément que peu de développeurs prennent en considération.

Cette clause représente un mécanisme de révision qu’il est possible d’utiliser à mi-parcours. Ainsi, le gouvernement a la possibilité d’ajuster les objectifs fixés par la PPE3 selon les volumes accordés entre 2025 et 2026, les potentielles tensions sur le réseau ainsi que les changements dans la filière énergétique européenne.

 

Les scénarios possibles

Le premier est un scénario haussier : si l’électrification des usages décolle et que la consommation augmente, la fourchette 2035 (55 à 80 GW) pourrait être consolidée vers le haut, avec des volumes d’appels d’offres relevés après 2028.

Le deuxième est un scénario stable, qui confirme l’objectif de 48 GW. Le gouvernement consoliderait alors la trajectoire sans ajustement majeur. Le troisième est un scénario de prudence : si la consommation électrique reste atone ou si les tensions réseau s’avèrent plus fortes qu’anticipé, les volumes pourraient être revus à la baisse.

En pratique, les projets déposés en appel d’offres entre 2026 et 2027 seront jugés sur les cahiers des charges actuels, avant toute modification issue de la revoyure (exigences environnementales renforcées, plafonds de prix revus, etc.). C’est pourquoi une stratégie de portefeuille efficace doit impérativement prioriser les projets susceptibles d’être présentés aux appels d’offres CRE d’ici fin 2027.

 

Les exigences du NZIA pour le photovoltaïque

Les projets photovoltaïques vont connaître d’importants changements économiques avec la mise en œuvre du règlement européen NZIA (Net Zero Industry Act). Le NZIA favorise l’industrie européenne dans les dispositifs de soutien public. Pour la filière photovoltaïque, les cahiers des charges des appels d’offres CRE intègrent progressivement des critères de contenu et de résilience européens, conformément à la directive et aux orientations reprises dans la PPE3. Des pénalités de notation, voire des exclusions, pourront s’appliquer aux projets reposant exclusivement sur des équipements fabriqués hors UE.

Ce changement emporte des conséquences concrètes pour les développeurs. Le recours à des modules européens peut renchérir le coût des projets, voire créer un risque de tension d’approvisionnement. C’est pourquoi il est essentiel de sécuriser dès maintenant des partenariats industriels de long terme. Nous analysons ce sujet en détail dans notre article sur le critère de résilience NZIA appliqué aux appels d’offres CRE.

 

Comment préparer son portefeuille de projets aux exigences de la PPE3 ?

Les porteurs de projets solaires doivent structurer leur stratégie de développement autour des objectifs de la PPE3. Pour ce faire, il est nécessaire de prioriser dans le portefeuille les projets matures, capables d’être présentés en appel d’offres avant fin 2027.

Ensuite, les développeurs doivent accélérer les procédures d’autorisation pour gagner en compétitivité. Cela implique d’anticiper :

  • les demandes de permis de construire ;
  • les dérogations espèces protégées ;
  • les études d’impact.

 

Il est également indispensable de sécuriser les raccordements HTA/HTB en déposant la demande de raccordement le plus tôt possible. Sans oublier l’intégration de la clause de revoyure 2027 dans la stratégie d’appel d’offres.

Enfin, intégrer le NZIA dans les modèles économiques dès aujourd’hui permet d’anticiper le durcissement des critères des appels d’offres CRE.

 

Que faut-il retenir de la PPE3 photovoltaïque en 2026 ?

La PPE3 marque un tournant décisif pour le secteur solaire. Elle inaugure une phase où la qualité des projets, la maîtrise des délais et la solidité industrielle déterminent qui captera les volumes disponibles.

Pour en tirer parti, les développeurs doivent intégrer cinq enseignements stratégiques.

Tout d’abord, les volumes de soutien public sont plafonnés à 2,9 GW par an jusqu’à fin 2028, alors que le marché a démontré une capacité de déploiement supérieure. La compétition sur chaque appel d’offres sera donc plus intense que jamais.

Ensuite, il est nécessaire de saisir la fenêtre 2026-2027. C’est la plus favorable pour positionner des projets en appel d’offres avant la revoyure réglementaire de fin 2027.

En outre, la restructuration des chaînes d’approvisionnement induite par le NZIA impactera directement l’économie des projets solaires. Les porteurs de projets doivent s’y préparer dès maintenant. À cela s’ajoute la sélectivité croissante des appels d’offres.

Enfin, la sécurisation du raccordement doit devenir une priorité de phase 1, et non une étape de fin de développement.

Dans ce contexte, l’interprétation stratégique de la PPE3 nécessite une expertise qui combine maîtrise réglementaire, lecture du marché et capacité d’anticipation. AVEIL accompagne les développeurs photovoltaïques, les producteurs indépendants, les investisseurs ENR et les bureaux d’études sur l’ensemble de ces dimensions. Notre approche repose sur une analyse stratégique de portefeuille et une priorisation rigoureuse des projets, combinant anticipation réglementaire et accompagnement au développement pour sécuriser la réussite de vos investissements solaires. Si vous souhaitez évaluer comment positionner votre pipeline face aux objectifs PPE3, nos équipes sont disponibles pour un premier échange de cadrage stratégique.

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